L'avenir des timbres pour enfants ?
Fin septembre 2024, les médias nationaux et régionaux ont publié des articles sur le centenaire des timbres Kinderpostzegels. Les avez-vous lus, en version papier ou en ligne ? Plusieurs de ces publications retraçaient l’histoire du succès des Kinderpostzegels au fil des ans, mais contenaient également des analyses critiques de journalistes quant à l’avenir de leur vente. Quel est l’avenir des Kinderpostzegels ? Et si oui, quels thèmes sauront séduire les enfants et les philatélistes ?
Chronologie des timbres pour enfants (résumé des étapes importantes)
1924
Un décret royal autorise l'émission aux Pays-Bas de timbres-poste majorés d'une surtaxe « pour les enfants défavorisés ». Ces timbres, conçus par G. Rueter, représentent le visage d'un enfant encadré par deux anges gardiens. Des bénévoles vendent les premiers timbres pour enfants cette année-là. Les recettes s'élèvent à 51 000 florins (23 143 €), reversés à des centaines d'établissements accueillant des enfants placés sous tutelle.
1931
Les timbres pour enfants de cette année sont particuliers car, pour la première fois, une photo y est imprimée en format réduit. Nombreux sont ceux qui ne l'apprécient pas, car ils ne considèrent pas les photos comme un élément culturel. Les timbres représentent des enfants en situation de handicap. Le concepteur, G. Kiljan, souhaitait ainsi illustrer la finalité de la surtaxe.

1942-1943-1944
En raison de la guerre, aucun timbre pour enfants n'a été émis. Il y a donc eu 97 émissions, et non 100.
1948
En 1948, l'instituteur G. Verheul de Waarder eut l'idée de faire faire du porte-à-porte par les enfants de son école, munis de timbres-poste. Selon lui, cette activité était également bénéfique pour les enfants eux-mêmes : ils apprenaient ainsi non seulement à aborder les gens et à raconter leur histoire, mais aussi à encaisser des paiements et à livrer des commandes.

1965
Pour la première fois, des dessins d'enfants figurent sur des timbres à leur effigie.
1965 – 1970
Les blocs de timbres pour enfants néerlandais de 1965-1970 figurent sur une liste d'émissions préjudiciables établie par la Fédération Internationale de Philatélie, car la surtaxe sur deux des cinq timbres était supérieure à la moitié de la valeur faciale (ce qui augmenterait inutilement les coûts pour les collectionneurs).
1972
Le graphiste Gerard Wernars a transformé les diapositives de SAR le prince Claus en quatre timbres et en une feuille en 1972.

2004
Le timbre pour enfants fête ses 80 ans. Pour l'occasion, une encyclopédie spéciale pour enfants (112 pages) a été publiée. Des exemplaires ont été offerts aux enfants ayant participé à la campagne scolaire.
2012
Quarante ans plus tard, le prince Willem-Alexander a suivi les traces de son père et a photographié ses trois enfants. Ces timbres sont devenus les plus vendus de tous les temps pour les enfants. Tirage : 4 750 000 feuilles.
2017
Le 30 septembre 2017, la Campagne des timbres pour enfants a été inscrite à l'Inventaire national du patrimoine culturel immatériel. Le patrimoine immatériel regroupe les traditions auxquelles une société s'identifie.
2024
Les timbres Kinderpostzegels 2024 (timbres pour enfants) arborent les couleurs vives de la campagne « Superpouvoirs ». Cette campagne met l'accent sur la résilience à travers cinq éléments : des bases solides, une attention bienveillante, l'authenticité, le dépassement des difficultés et la capacité à saisir les opportunités. Les cercles en arrière-plan de chaque timbre représentent un trampoline, symbole de la campagne. Trois timbres comportent un court texte, tandis que les deux autres affichent des symboles. Grâce à leurs symboles positifs, leurs textes encourageants et leurs couleurs joyeuses, tous les timbres Kinderpostzegels de cette année incarnent les superpouvoirs. Le grand timbre de droite, portant l'inscription « Tu es super », est particulièrement spécial grâce à son code QR unique. En le scannant, l'expéditeur peut enregistrer un message vidéo personnalisé. Le destinataire, recevant le timbre « Superpouvoirs », scanne ensuite le code QR pour visionner le message vidéo. Un ruban orange est visible en bas de la feuille, reliant le thème des superpouvoirs au centenaire des Kinderpostzegels. Ce ruban orange est inspiré du bracelet que les enfants portent cette année lors de leur tournée de porte-à-porte. (Source : PostNL)
La campagne des timbres pour enfants et la Maison royale entretiennent des liens privilégiés depuis des décennies. Elles y ont participé dès le début, avec le décret royal de 1924. La reine Juliana et Beatrix ont également apporté leur soutien à cette campagne. De plus, le roi Willem-Alexander, ainsi que les enfants et petits-enfants de la princesse Margriet, ont fait du porte-à-porte pour vendre les timbres. La Maison royale était elle-même à l'honneur lors des émissions de 1972 et 2012.
Des voix critiques sur l'avenir
Bien entendu, une célébration peut être organisée. Cent ans de Kinderpostzegels, c'est un exploit remarquable, et l'organisation qui le rend possible reverse les bénéfices à des œuvres caritatives pour les enfants en difficulté. Mais que réserve l'avenir à la 101e édition et aux suivantes des Kinderpostzegels ? Quelle est la vision de la Fondation Kinderpostzegels pour l'avenir ? Existe-t-il une stratégie ? En septembre 2024, les médias ont largement couvert le « centenaire des Kinderpostzegels », tout en exprimant des critiques. En voici quelques exemples.- Qui colle encore des timbres pour enfants ? Le timbre pour enfants a 100 ans. Mais de moins en moins d’enfants font du porte-à-porte pour les vendre. (NRC, 26.09.24)
- Les timbres les plus appréciés des Pays-Bas depuis 100 ans. (AD, 25.09.24).
- Concours royal. La princesse Margriet (81) : « Le timbre interactif est trop compliqué pour moi ». (Telegraaf, 28.09.24).
- « Des timbres pour enfants ? Je n'utilise plus ça, mec. » (ND, 27.09.24).
- Le timbre pour enfants a 100 ans ; Jan (70 ans), de Grou, collectionne ces timbres depuis 60 ans. « Avant, on se promenait dans la rue avec un sac rempli d'argent. » (Leeuwarder Courant, 25.09.24).
- 100 ans de porte-à-porte : Kinderpostzegels fête son anniversaire avec un timbre vidéo. (NOS, 25.09.24).
- La campagne annuelle demeure une tradition, même si les lettres sont « bien trop démodées » (Volkskrant, 27/09/24). Lettre du jour : Les timbres pour enfants, c’est fini ! (Réaction d’un lecteur au journal Volkskrant, 27/09/24).
- Campagne de timbres pour enfants pour la centième fois. Ferran vend le premier timbre à la princesse Margriet. (Leidsch Dagblad, 26.09.24).

- Environ la moitié des écoles primaires participent actuellement au programme, soit environ 130 000 enfants. Les écoles peinent à trouver le temps nécessaire. Les enseignants sont déjà surchargés de travail, et la pénurie d'enseignants contribue également à ce problème. En 2016, 160 000 enfants y participaient, contre seulement 120 000 en 2023.
- Revenus : 1947 (250 000 florins), 1957 (1,8 million de florins), 1982 (15 millions de florins), 1998 (18 millions de florins), 2022 (9 millions d’euros), 2023 (9,6 millions d’euros). L’association compte 38 000 donateurs et un million de personnes commandent un produit. La moitié des revenus provient du démarchage à domicile. La concurrence des autres organisations caritatives est forte. L’envoi de lettres et de cartes a diminué avec l’essor du courrier électronique, des messageries instantanées et des réseaux sociaux.
- Outre les cartes et les timbres, l'assortiment s'est élargi pour inclure des pansements, des sacs à provisions, des bulbes de tulipes, des anémones et des paquets de thé. Ces trois derniers produits n'ont pas rencontré le succès escompté. La principale menace réside dans la baisse constante de l'utilisation des timbres ces dix dernières années.
- En 2023, le Kinderportemonnee a été créé : un fonds spécial permettant aux enfants de choisir eux-mêmes une destination. Grâce à cette initiative unique, les enfants proposent des idées et participent concrètement aux décisions concernant les enfants qui bénéficieront d’une aide supplémentaire de Kinderpostzegels. Ce fonds dispose actuellement de 1,5 million d’euros.
Thèmes futurs
Ce qui me frappe, c'est que ces dernières années, on a choisi des thèmes neutres ou « joyeux » pour les enfants. Et ces dernières années, on a privilégié la bande dessinée. Choisissez un thème social pour l'année prochaine, par exemple : pestenDe nombreux enfants sont touchés par ce phénomène, ce qui peut même entraîner la solitude et d'autres comportements négatifs.
- Charlotte Dematons (1957) : diverses publications, dont Sinterklaas (2007 et 2023), Alfabet (2020).
- Aimée de Jongh (1988) : diverses publications de Taxi ! (2019), Seigneur des mouches (2024).
- Barbara Stok (1970) : diverses publications, dont Vincent van Gogh (2012 et 2019).
- Thé Tjong-Khing (1933) : diverses publications et prix.
- Martin Lodewijk (1939) : diverses bandes dessinées, dont Agent 327.

L'avenir des timbres pour enfants s'annonce incertain. Les enfants n'étant plus en contact direct avec ces timbres, ils ont perdu tout lien avec eux. Peut-être par le biais des ventes, mais certainement pas par celui des cartes postales, des lettres et des colis.
Face à la solitude croissante chez les jeunes, il serait peut-être judicieux de s'intéresser à la manière dont le courrier peut leur apporter une aide.
Par exemple, une carte à votre camarade de classe malade, des cartes faites main, des lettres d'amour, ou encore la création de liens internationaux grâce au populaire « Postcrossing ».