L'Observatoire royal de Greenwich
En 2025, pour commémorer le 350e anniversaire du berceau de l'astronomie britannique moderne – l'Observatoire royal de Greenwich à Londres – la Royal Mail de Grande-Bretagne a produit de très beaux objets.

Le feuillet miniature présenté ici comporte quatre timbres de première classe à l'effigie du charpentier et horloger anglais John Harrison (1693-1776). Il créa des prototypes de chronomètres marins pour mesurer la longitude en mer, notamment son modèle H4, au design novateur. Ces timbres célèbrent un pionnier dont les idées furent reprises par les horlogers à venir et inspirèrent le chronomètre de marine qui révolutionna la navigation astronomique au XVIIIe siècle.

John Harrison consacra cinq ans à la construction de son premier chronomètre de marine, aujourd'hui connu sous le nom de H1. Au lieu d'un pendule, il était équipé de deux balanciers à haltères reliés entre eux pour compenser les mouvements. Volumineux, il occupait une grande partie de la minuscule cabine du capitaine. Lors de son premier essai en mer, entre l'Angleterre et Lisbonne et retour, il prouva son utilité sur le trajet retour en corrigeant la longitude du navire et en évitant un naufrage quasi certain. Harrison, toujours en quête d'améliorations, n'était cependant pas satisfait et entreprit la fabrication d'un second chronomètre de marine.

Harrison pensait que le modèle H1 pouvait être amélioré et entreprit la conception d'une nouvelle version, le H2, visible sur le timbre ci-dessus. Cette horloge comportait de nombreuses améliorations, notamment une source d'énergie plus fiable et constante pour l'échappement – le remontoir – et une meilleure compensation de température. Mais il se rendit vite compte d'un défaut de conception fondamental : l'horloge était sensible aux erreurs dues aux mouvements de rotation brusques, en avant comme en arrière. Bien que le H2 ait passé avec succès des tests rigoureux, Harrison, insatisfait, se remit à la conception d'une nouvelle horloge. Le H2 ne fut jamais testé en mer.

La construction de H3 prit environ 19 ans (1740-1759), période durant laquelle Harrison approchait la soixantaine. Cette horloge reprenait de nombreuses caractéristiques de H2, mais utilisait notamment une paire de balanciers circulaires liés, contrairement aux balanciers à haltères de H1 et H2. Deux autres innovations majeures furent le roulement à rouleaux à cage pour minimiser les frottements et la lame bimétallique pour compenser les variations de température ; deux dispositifs encore largement utilisés aujourd’hui. À l’instar de H2, H3 ne subit jamais d’essais en mer, Harrison ayant conçu une solution nouvelle et plus performante : sa célèbre horloge H4.

Enfin, nous arrivons à H4. Les montres de poche à ressort existaient depuis longtemps, mais leur précision était très faible comparée à celle des horloges à pendule, avec une marge d'erreur inférieure à une minute par jour. Au début des années 1750, alors qu'il travaillait sur H3, Harrison conçut pour lui-même une montre de poche à ressort d'apparence relativement classique, qu'il fit réaliser par John Jefferys (1701-1754), horloger anglais. Celle-ci comportait plusieurs améliorations novatrices, notamment une compensation de température et un balancier plus grand que la normale, oscillant plus rapidement et avec une plus grande amplitude. La précision de sa nouvelle montre le satisfit tellement qu'il comprit qu'une montre à ressort pouvait potentiellement résoudre nombre des problèmes mis en évidence par H2 et H3. Après six années de travail et d'innovation, il développa la montre qui allait devenir H4, suffisamment précise pour résoudre le problème de la longitude. Premier véritable chronomètre de marine, elle est aujourd'hui reconnue comme l'une des montres les plus importantes jamais fabriquées. Elle prouva que les montres à ressort pouvaient être suffisamment performantes pour déterminer la longitude en mer. Elle fut testée lors d'un voyage en Jamaïque, où, après 81 jours de traversée, on constata qu'elle n'avait que 5 secondes de retard, soit l'équivalent d'un mille nautique de longitude. Le roi George III testa lui-même la seconde version de cette montre (H5) à l'observatoire de Kew à Londres et, après dix semaines d'observations quotidiennes entre mai et juillet 1772, il constata qu'elle était précise à un tiers de seconde près par jour.

Les six timbres de première classe ci-dessus illustrent des développements importants liés à l'Observatoire royal. Par ordre chronologique, ils représentent : Flamsteed House, le bâtiment d'origine de l'Observatoire royal à Greenwich. Le roi Charles II chargea Christopher Wren, également astronome, de concevoir le bâtiment en 1675, et sa construction s'acheva en 1676. Le poste d'astronome royal fut créé par Charles II en 1675, lorsqu'il nomma John Flamsteed chargé d'établir une carte du ciel suffisamment précise pour servir à la navigation ;
Télescope du cercle de transit d'Airy, observations réalisées pour définir le méridien en 1851 ;
Horloge de Shepherd Gate, 1852, la première horloge publique de l'Observatoire ;
Grand télescope équatorial, 1893, installation d'un grand télescope réfracteur ;
Méridien de Greenwich, 1884, choisi comme centre du temps et de la longitude ; et
Télescope astrographique Annie Maunder, 2018, nouveau télescope installé pour l'astrophotographie.
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