L'histoire de la philatélie, partie 7 – Natalis Rondot

Belgique foires Finlande
Natalis RondotÀ la fin des années 1970, une série d'articles passionnants, écrits par M. K. Kouwenberg et consacrés à l'histoire de la philatélie, a paru dans la revue néerlandaise Philatelie. Cette série a inspiré Rob Smit, propriétaire de PostBeeld, qui a entrepris de réécrire l'histoire de la philatélie par épisodes. Voici le septième et dernier volet. Comme nous l'avons déjà vu dans les précédents articles de cette rubrique, l'année 1862 fut une année charnière dans le développement de la philatélie. C'est pourquoi nous continuons de nous intéresser aux personnalités qui ont joué un rôle déterminant dans l'essor de ce domaine. Parmi elles, Natalis Rondot (né le 23 mars 1821 à Saint-Quentin, dans le nord de la France, et décédé à Lyon le 26 août 1900).
Natalis Rondot picture
Natalis Rondot (1821-1900)
Après des études à l'Université de Paris, il trouva un emploi à la Chambre de commerce de Reims. Son travail consistait à participer à des missions internationales pour conclure des accords commerciaux et, très jeune (entre 1843 et 1847), il voyagea dans des pays comme la Chine, l'Inde, l'Indochine, la Malaisie, l'Afrique, la Russie et la Belgique. Il travailla ensuite pour la Chambre de commerce de Lyon et, à ce titre, visita des expositions universelles. Il était également un écrivain prolifique.voir iciElle a publié des ouvrages sur des sujets variés. Une biographie intitulée « Natalis Rondot, sa vie et ses travaux », écrite par Léon Galle, a été publiée en 1902. Ce livre peut être consulté ici.. Consultez la page où ses articles philatéliques sont mentionnés. Entre avril 1862 et novembre 1866, il publia une série d'articles dans le « Magasin Pittoresque », un magazine familial français. Cette série, intitulée « Les Timbres-Poste de tous les états du globe », témoigne de l'étendue de ses connaissances. Compte tenu du peu d'informations disponibles à l'époque, véhiculées par les rares catalogues imprimés, la richesse des données contenues dans ces articles soulève la question de savoir d'où Rondot tirait des informations aussi détaillées. On sait beaucoup de choses sur Rondot, mais presque rien de ses liens avec la philatélie. Hormis sa série d'articles dans le « Magasin Pittoresque », nous n'avons aucune autre information concernant ses publications sur les timbres. On sait cependant qu'il possédait une collection de timbres vendue après sa mort pour 15 000 francs à un certain Victor Robert. Il semble que cette série ait été écrite en parallèle de ses activités habituelles, probablement avec l'aide d'un tiers. Dans ce contexte, le nom d'Armand Martin, haut fonctionnaire des Postes françaises, apparaît. En tout cas, il ressort clairement de ses autres publications que Rondot disposait d'un vaste réseau et d'une approche très méthodique. Pour ses articles du « Magasin Pittoresque », il utilisait une division géographique, commençant par la Russie, puis la Finlande, la Suède, etc. Il indiquait pour chaque pays l'origine des timbres, en donnait la définition, présentait des images sous forme de magnifiques gravures sur bois, décrivait la monnaie, le territoire, la population, le nombre de lettres envoyées, mentionnait les essais et corrigeait même les erreurs qui figuraient alors dans les catalogues en circulation. Il est presque incroyable que Rondot ait pu rassembler autant d'informations. K. Kouwenberg le qualifiait, non sans raison, de « plus grand philatéliste de tous les temps ». Ci-dessous figure une page des deux pages et demie du premier article de Rondot consacré à la Russie. Vous pouvez lire ci-dessous l'article de 1862 paru dans le « Magasin Pittoresque ». Ses articles ont, pendant des années, été d'une grande valeur pour orienter le développement de collections (spécialisées), les études complémentaires et les catalogues. Son vaste réseau transparaît dans son article de juillet 1864 sur la Grèce, où il fournit de nombreuses informations et une longue liste d'échantillons de couleurs des grandes têtes d'Hermès, offerts par M. Th. Leonardos, directeur général des Postes grecques. Par ailleurs, Désiré-Albert Barre, graveur en chef de la Monnaie de Paris et créateur des plaques d'impression pour ces grandes têtes d'Hermès, était apparemment une connaissance de Rondot, si l'on en juge par l'expérience sur les couleurs mentionnée plus haut et par une note qui lui était adressée. En 1867, à l'Exposition universelle de Paris, 319 gravures de Rondot, utilisées pour ses articles, furent présentées.
Message d'invité