Histoire de la philatélie, partie 8 – Henry Justin Lallier

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Justin LallierÀ la fin des années 1970, une série d'articles passionnants, écrits par M. K. Kouwenberg et consacrés à l'histoire de la philatélie, a paru dans la revue néerlandaise Philatelie. Cette série a inspiré Rob Smit, propriétaire de PostBeeld, qui a entrepris de réécrire l'histoire de la philatélie par épisodes. Voici le septième et dernier volet. Comme mentionné précédemment dans cette série, l'année 1862 vit l'apparition des négociants en timbres, des catalogues et des articles de presse. Il était donc presque inévitable que le premier album de timbres soit publié cette année-là, également en France. Cet album parut en février ou mars 1862, édité par A. Lenègre à Paris. L'éditeur est identifié sur la couverture comme étant Henry Justin Lallier. On ignore s'il en est réellement l'auteur. Archéologue de profession, il aurait, selon certaines sources, tout ignoré de la philatélie. D'autres sources indiquent qu'il était négociant en timbres et qu'il voyait dans la publication d'un album une opportunité de promouvoir son activité. On sait qu'il obtint la collaboration du négociant parisien Alexandre Baillieu, qui publia son propre catalogue un an plus tard. La première édition pouvait contenir environ 1862 1,200 timbres. Album de timbres Alexandre Baillieu Henry Justin Lallier a vécu de 1823 au 12 août 1873. En 1978, K. Kouwenberg écrivait qu'une quarantaine d'années auparavant, un album de Lallier avait été découvert. Il regorgeait de timbres, dont de nombreux spécimens rares. Cependant, une analyse plus poussée révéla que son contenu était pratiquement sans valeur : il s'agissait principalement de réimpressions, de timbres très abîmés ou de faux. Néanmoins, « l'expression “un album de Lallier avec du contenu” est depuis des années devenue synonyme de quelque chose de très précieux », affirmait Kouwenberg. 1 Un album de cette époque était bien différent d'un album actuel, auquel on peut ajouter des suppléments annuels. Les premiers albums étaient reliés et comportaient des emplacements pour tous les timbres connus jusqu'alors. Dans les éditions ultérieures, davantage d'emplacements furent ajoutés et les collectionneurs durent transférer l'intégralité de leur collection dans le nouvel album. Par exemple, comme on peut le voir ci-dessous, en 1862, les Pays-Bas n'avaient émis que trois timbres. Leur deuxième émission parut deux ans plus tard.
Emplacements prévus pour trois timbres néerlandais dans l'édition de 1863. Les quatre autres cadres ont été dessinés ultérieurement.
Comme mentionné précédemment, chaque timbre connu disposait de son propre emplacement dans cet album, les pages étant classées par pays et ornées de l'emblème de chaque pays. Ces emplacements comportaient des descriptions des timbres. Les premiers albums ne contenaient aucune image des timbres. Les pages étaient parfois si pleines et les cadres souvent trop petits que les timbres devaient parfois être légèrement redimensionnés pour y tenir. Il n'était pas rare que les collectionneurs rognent les dents des timbres. À l'époque, les différentes formes de dentelures n'intéressaient guère. Le papier à en-tête postal, ou plutôt les timbres imprimés dessus, avait également sa place dans cet album et d'autres albums des premiers temps. L'idée était de découper les timbres du papier à en-tête. De ce fait, de nombreux articles de papier à en-tête spéciaux ont disparu.
Édition de 1863, publiée par Dannenfelser (issue de la collection de Rob Smit)
Les albums connurent un succès immédiat et la demande fut si forte que pas moins de sept éditions furent publiées au cours des cinq premières années. Au total, Lenègre publia quatorze éditions. La dernière, imprimée en 1876, fut éditée par Pierre Mahé. Cette dernière édition fut également publiée dans d'autres langues, dont l'anglais, l'allemand, l'espagnol et le néerlandais, bien que la première édition néerlandaise de l'album parût en 1863 chez W.F. Dannenfelser à Utrecht (nous y reviendrons plus loin dans cette série). Plus tard, en 1862, parut l'album d'Edard Laplante (voir la sixième partie de cette série). Beaucoup considéraient l'album de Laplante comme une imitation de celui de Lallier, bien qu'il fût incontestablement inférieur en tous points.
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