Lien entre les timbres floraux d'été et la chaleur estivale actuelle
La vague de chaleur actuelle, que nous subissons et observons particulièrement ces dernières années, avec des températures extrêmement élevées dues aux changements climatiques, m'a incité à me pencher sur l'émission de plusieurs timbres d'été. Le climat influence manifestement l'émission de ces timbres, au sens propre comme au figuré.
Fleurs et art
Ce n'est certainement pas sans raison que le Fonds national des timbres d'été a émis des timbres à l'effigie de fleurs à onze reprises (1952, 1953, 1960, 1982, 1992, 1997, 2001, 2002, 2003, 2004 et 2008). Le langage symbolique de la philatélie florale justifie ces émissions de timbres d'été, assorties d'une surtaxe financière destinée à soutenir les objectifs et les activités d'organisations sociales et culturelles.
Sur les onze émissions de timbres d'été, neuf sont réalisées de manière réaliste, tandis que deux adoptent une approche moins reconnaissable et plus abstraite.
À y regarder de plus près, on constate des différences entre les fleurs peintes et les images des timbres, notamment au niveau du lys.
Le graphiste Fons Haagmans a délibérément choisi de ne pas créer d'images réalistes, mais de les styliser (simplifier), à l'instar de celles que l'on trouve en héraldique et dans les illustrations des jeux de cartes (tarot) : « J'ai d'abord peint les six fleurs en grand format, puis je les ai scannées, retouchées numériquement et réduites à la taille d'un timbre-poste. Ce faisant, j'allie la méthode de travail classique aux techniques modernes. »
Rangée du haut : iris, lys, pavot, lys et iris. Rangée du bas : tulipe, rose Tudor, chardon, rose Tudor et rose.
Haagmans réalise la peinture à l'aide de la technique du pochoir. Les parties de différentes couleurs sont découpées dans le dessin, par exemple d'un coquelicot, sur du carton. Les sections découpées (gabarits) sont ensuite remplies de rouge et de noir en trempant un pinceau dans du papier placé sous le carton. L'exécution de cette méthode de décoration est relativement simple : le rouge est appliqué par-dessus le noir (et inversement). Haagmans s'intéresse avant tout au symbolisme des fleurs, et non à leur réalisme (comme celui d'une rose Tudor). Haagmans a personnellement réalisé les éléments graphiques, tels que les chiffres et les lettres, à la main, à l'aide d'un ordinateur : « Pour que chaque "e" ou "d" soit identique, j'ai standardisé les lettres sur ordinateur. Je souhaitais ainsi être impliqué dans chaque aspect du timbre. »
Timbres d'été 1992
L'émission de timbres Floriade a eu lieu à l'occasion de l'Exposition horticole mondiale de 1992. Le graphiste Neville Brody a su capturer le caractère universel et éclectique de cet événement grâce à un traitement numérique qui met en valeur les couleurs vibrantes et les formes ludiques d'une grande diversité de fleurs, d'arbustes, d'arbres et de feuilles/tiges stylisées. La disposition horizontale et verticale des caractères évoque la dimension terrestre et aérienne de la flore de Floriade 1992.
Floriographie des timbres d'été 2004
1) L'appellation « timbres d'été » fait principalement référence à leur période d'émission, durant l'été. De plus, ces nouveaux timbres caritatifs se distinguent nettement des timbres pour enfants, émis en automne/hiver. 2) La présence fréquente de fleurs sur les timbres d'été s'inspire d'un savoir ancestral. Au XIXe siècle (époque victorienne, 1837-1901), les messages d'amour secrets permettaient de contourner les conventions sociales. La fleur n'était pas seulement utilisée comme élément décoratif, mais aussi, à cette époque, comme moyen de communication par l'élite fortunée. En consultant un dictionnaire des fleurs, on pouvait déchiffrer la signification d'un bouquet. Ce savoir s'est perdu, mais sa signification demeure : * une rose rouge symbolise l'amour ; * un lys blanc représente le deuil ; * une tulipe représente l'amour et l'amitié ; * un chardon aux feuilles piquantes évoque la défense et la protection ; * un coquelicot symbolise l'espoir, le réconfort et le souvenir des morts. Après la Première Guerre mondiale, les coquelicots fleurissaient fréquemment sur les champs de bataille des Flandres. La rose Tudor : la rose rouge (symbole de la maison d’York) au cœur blanc (symbole de la maison de Lancastre) unit deux familles qui se disputèrent l’hégémonie en Angleterre durant la guerre des Deux-Roses. La rose Tudor est une création artificielle, une rose qui n’existe pas à l’état naturel. 3) Le langage des fleurs véhicule une atmosphère et une humeur bienveillantes, généreuses et exaltantes, considérablement renforcées par la beauté du temps estival.

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