Caserne Princesse Juliana, Stratford

Canada Pays-Bas armée du salut
J'ai reçu d'une bonne connaissance une enveloppe timbrée portant l'inscription : « Les Pays-Bas se relèveront ». Né en janvier 1944, je n'ai pas vécu consciemment la Seconde Guerre mondiale, mais ce conflit a toujours suscité chez moi un vif intérêt pour la philatélie. Au-dessus du sceau, on pouvait lire le nom de l'expéditeur : Van Tuyll, caserne Juliana, Stratford, Ontario, Canada. Cela a immédiatement piqué ma curiosité ! Car le nom de Stratford, au Canada, est indissociable des soldats qui, comme en Angleterre, y ont été formés pendant la Seconde Guerre mondiale pour constituer un bataillon. En novembre 1940, les premiers volontaires furent recrutés à Ottawa ; les conscrits résidant au Canada et aux États-Unis furent également tenus de se présenter. Cette dernière initiative ne fut pas concluante. Une usine de meubles MacLagan désaffectée, située à Stratford, fut réquisitionnée par le gouvernement canadien comme centre d'entraînement. L'usine fut rapidement rebaptisée Caserne Princesse Juliana. Les recrues y reçurent six semaines de formation, après quoi elles furent affectées à la Brigade Princesse Irène en Angleterre pour un entraînement complémentaire. La plupart d'entre elles n'avaient jamais vécu aux Pays-Bas et ne parlaient pas un mot de néerlandais. Pour en revenir à l'enveloppe, je n'ai pas (encore) pu déterminer qui était Van Tuyll, mais il était clair qu'il était en poste à la Caserne Princesse Juliana. Il avait « traduit » cela en Caserne Juliana. Le recto de l'enveloppe m'a intrigué. Non pas la date d'envoi et le timbre du bureau de poste de Stratford, mais la date : le 31 août 1942, jour de l'anniversaire de la reine Wilhelmine. Coïncidence ? Puis le destinataire. À Londres, le 10 mai 1940, l'envoyé néerlandais, M. Michiels van Verduynen, fut autorisé par le ministre du Commerce, de l'Industrie et de la Marine marchande, M. Steenberghe, à mettre en œuvre la loi sur la réquisition des navires de mer et la loi sur la conservation de l'espace à bord des navires. À cette fin, le Comité néerlandais de la marine marchande et du commerce fut créé à New York. M. Philippe von Hemert était l'un des fonctionnaires travaillant au sein de ce comité. Malheureusement, la lettre contenue dans l'enveloppe a disparu, et l'on ignore donc pourquoi Van Tuyll a écrit au Comité. Ou peut-être pas ? La question posée dans les coordonnées de l'expéditeur concernait-elle le motif de l'envoi de la lettre ? Car le logo de l'Armée du Salut était clairement entouré de tirets. J'ai déjà vu des enveloppes avec le logo de l'Armée du Salut associé aux coordonnées de l'expéditeur des Forces armées canadiennes. Mais je n'avais jamais pensé à me renseigner sur le lien entre le logo et les coordonnées de l'expéditeur. La Force active canadienne (FAC) a été créée par le gouvernement canadien le 1er septembre 1939. Non pas pour participer directement aux hostilités, mais pour se préparer à une éventuelle guerre contre l'Allemagne. Et l'Armée du Salut ? Les soldats de l'Armée du Salut étaient disponibles pour apporter un soutien moral aux troupes. Ils le faisaient de toutes les manières possibles, en fournissant café et rafraîchissements et en mettant en place des centres où les soldats pouvaient se remettre des combats. Peut-être que la méconnaissance de M. Van Tuyll quant au travail de l'Armée du Salut – une armée non armée, bien qu'en uniforme – explique son engagement ! Qu'en savez-vous ? Voilà un autre exemple qui montre qu'un courrier peut parfois révéler bien plus que ce que l'on voit sur un simple timbre et un cachet postal.
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