Grèves postales de 1983 et 2010
À l'automne 1983, notre pays a connu une paralysie des services publics pendant deux mois. Les ordures ménagères n'étaient pas ramassées, le courrier n'était pas distribué et les trains et les tramways circulaient à des horaires irréguliers. De nombreux fonctionnaires ont fait grève contre une menace de réduction de salaire de 3 %.
Les syndicats de fonctionnaires étaient furieux. Le gouvernement refusait catégoriquement d'entamer des négociations. Au début des années 1980, notre pays traversait une crise économique et financière sans précédent. Le nombre de chômeurs augmentait de plusieurs milliers de personnes chaque mois et le déficit budgétaire dépassait les 10 %. En conséquence, le gouvernement de Lubbers Ier entreprit des mesures d'austérité massives, faisant de la réduction de la pression fiscale collective un axe majeur de sa politique. Parmi ces mesures figurait une baisse des salaires des fonctionnaires. Les personnes suivant cette tendance et les bénéficiaires d'aides sociales furent également durement touchés. Après un nouvel échec des négociations avec le gouvernement, Jaap van der Scheur, dirigeant du syndicat de fonctionnaires AbvaKabo, annonça une grève nationale. En un rien de temps, le pays se transforma en une véritable décharge et fut privé de courrier. Le pays était complètement paralysé. Pour permettre à la population d'envoyer et de recevoir du courrier en dehors des services postaux officiels, des services de livraison privés fleurirent en masse. Après plusieurs procès ayant initialement autorisé les grèves, un jugement fut rendu par un juge stipulant clairement : « C’était permis, mais ce n’est plus le cas. » Les grèves prirent alors fin et les fonctionnaires reprirent leur travail. Les syndicats de fonctionnaires avaient certes perdu, mais aussi gagné, car en 1983, le droit de grève des fonctionnaires fut réglementé. À cause des grèves, la Poste perdit plusieurs clients importants et les services de livraison privés continuèrent à assurer la distribution du courrier, utilisant souvent leurs propres timbres. Comme celui du bureau de poste d’Augustinusga, illustré ici.
Le 16 novembre 2010, une nouvelle grève éclata au sein des services postaux nationaux. Cette fois-ci, au moins 3 000 employés de TNT Post étaient menacés de licenciement. La grève, initialement prévue pour durer trois jours, débuta le 15 novembre au soir. La direction de TNT Post qualifia la grève d'« irresponsable » et affirma qu'elle pourrait contraindre l'entreprise à réduire encore davantage ses effectifs. La société postale proposa de réduire de 300 le nombre de licenciements, initialement prévu à plus de 3 000, mais les membres de deux syndicats refusèrent cette proposition.
Quelques timbres « ludiques » furent produits par des particuliers utilisant le cadre pour des timbres personnalisés. On pourrait penser que la TNT Post de l'époque aurait refusé ces images, mais non, elles furent remises sans modification au « client », qui les utilisa par exemple pour affranchir des cartes.
Même les cartes postales du service TNT étaient affranchies avec ce produit.
Avec une image hivernale parfaitement appropriée ! D'autres timbres personnalisés présentaient également des images liées à la campagne des facteurs.
Y compris le cadre pour les timbres personnalisés de décembre.
Mais il est douteux que Vincent van Gogh l'ait voulu ainsi. Un mois plus tard, un accord de principe fut toutefois conclu entre TNT Post et les syndicats Abvakabo FNV, CNV Publieke Zaak et BVPP concernant la limitation du nombre de licenciements. Cet accord fut néanmoins considéré comme un succès mitigé, car seulement 4 000 des 20 000 employés environ participèrent à la grève. Seul le syndicat BVPP ne participa pas au mouvement, estimant que la restructuration au sein de TNT Post était de toute façon inévitable et ne voyant aucun intérêt à faire grève. Avaient-ils raison ? À vous de juger.

Les images de la grève de 1983, du courrier municipal d'Augustinusga, comme indiqué dans l'article, me manquent.