La censure militaire en Belgique
Comme cette lettre, envoyée des Pays-Bas neutres à l'ancienne partie de la Belgique occupée par les troupes allemandes, l'Étappengebied, dont Anvers faisait partie. Le nom de la rue est écrit en tout petits caractères entre les mots « avocat » et « Anvers », d'une écriture complètement différente. Par qui ? Pendant la Première Guerre mondiale, le service de censure allemand y opérait, mais après la guerre, la censure a continué, désormais assurée par le service de censure militaire belge. La lettre a été envoyée le 3 mars 1919 de Rotterdam en envoi express recommandé. Le tarif était de 10 centimes pour l'affranchissement de la lettre à destination de la Belgique. Ce tarif était convenu entre les services postaux néerlandais et belges, car le tarif pour les autres pays était de 12 centimes. Les frais d'enregistrement étaient également de 10 centimes, et les frais d'envoi express de 15 centimes. Au total, 35 centimes, payés par l'apposition de deux timbres de 17 centimes.
À Rotterdam, un bordereau d'enregistrement a été apposé, ainsi que deux impressions EXPRESS. La première était floue, et c'est probablement pour cette raison qu'une seconde a été apposée sous l'adresse. Il n'y avait pas beaucoup de place !
À Anvers, la lettre fut ouverte par les services de censure belges et, après inspection, scellée d'une bande adhésive portant l'inscription « CENSURE MILITAIRE ». Cette bande fut arrachée brutalement du recto de l'enveloppe, mais par qui ?
Au dos de l'enveloppe, la bande est complète et porte une initiale violette.
De plus, le numéro 52 est inscrit en violet sous le nom de l'expéditeur. Il s'agit probablement du numéro de la personne qui a effectué la censure. Malheureusement, le contenu de l'enveloppe a disparu ; qu'aurait donc écrit M. Michel Dinerman à l'avocat anversois ? Il est clair que l'expéditeur a séjourné dans un hôtel de La Haye. M. Michel Dinerman a utilisé une enveloppe provenant de cet hôtel. L'hôtel n'existe plus, ayant fusionné avec le Parkhotel voisin en 1968. Mais l'enveloppe, elle, est toujours là et constitue un bel ajout à la collection.
