Timbres de la Légion, pourquoi ?
Le 1er novembre 1942, les collectionneurs de timbres furent surpris par une émission qui fit grand bruit après la guerre. Cette série de timbres était destinée à financer la Légion néerlandaise. Cette légion de volontaires, comme on l'appelait, avait reçu l'ordre, en juillet 1941, à l'initiative de Seyss-Inquart, commissaire du Reich pour les Pays-Bas occupés, de constituer une unité armée. H.A. Seyffardt, lieutenant-général (à la retraite) et ancien chef d'état-major, avait commencé, depuis La Haye, à recruter pour l'armée néerlandaise en formation. À cette époque, il ignorait que celle-ci deviendrait plus tard une composante de la Waffen-SS.
Seyffardt Mussert
Mussert Ils ont tenté de recruter autant de membres du NSB que possible au sein de la Légion afin d'exercer leur influence. Il fallait également de l'argent pour « habiller » les membres de la Légion. L'une des solutions consistait à émettre une série de timbres avec une surtaxe. WJH News On m'a commandé la conception de deux timbres. Un soldat de la Légion néerlandaise devait y figurer. Les couleurs choisies étaient le rouge (blanc) et le bleu. Ce n'est pas un hasard ! Le mot « LÉGION » devait également être clairement visible sur les timbres.
La surtaxe sur l'un des timbres était considérable ! Le timbre de 7 cents affichait une surtaxe de 2 cents, ce qui était courant pour un timbre destiné aux œuvres de bienfaisance, mais le timbre de 12 cents arborait une surtaxe de pas moins de 87 cents. Au premier plan figure donc le légionnaire, avec une vue urbaine en arrière-plan sur un timbre et un paysage rural sur l'autre.
Les timbres étaient émis en feuilles de 100, mais aussi en blocs. Cette pratique visait à stimuler les ventes aux collectionneurs. Le timbre de 7 cents était émis en bloc de 10 (prix de vente : un florin) et celui de 12 cents en bloc de 4 (prix de vente : quatre florins).
Quel fut le rendement de l'émission de cette série ? Sur une feuille de 100 timbres de 7,5 cents, 1 088 134 exemplaires furent vendus, générant une surtaxe de 27 203,35 florins ; sur une feuille de 100 timbres de 12,5 cents, 527 532 exemplaires furent vendus, soit une surtaxe de 461 590,50 florins. Sur les blocs de 7,5 cents, 131 424 exemplaires furent vendus, pour une surtaxe de 32 856 florins ; et sur les blocs de 12,5 cents, 121 211 exemplaires, pour une surtaxe de 424 238,50 florins. Total : 945 888,35 florins. Ces chiffres furent officiellement publiés dans le numéro de septembre 1945 du *Nederlandsch Maandblad voor Philatelie*, le premier numéro paru après la guerre. On pouvait toutefois se demander quelle part de ces recettes avait réellement servi à l'affranchissement. On peut en donner un exemple lors de l'exposition « Herlevend Nederland » au Rijksmuseum d'Amsterdam, les 18, 19 et 20 décembre 1942. Un bureau de poste y fut installé. On pouvait y expédier des envois non recommandés, notamment les cartes postales illustrées disponibles à l'exposition représentant le personnage de Siegfried d'après le tableau de Van de Velde. Ces cartes devaient être affranchies exclusivement avec des timbres de la Légion. Elles étaient munies d'une empreinte d'un timbre spécial.
Le Rijksmuseum a présenté une nouvelle acquisition le mercredi 30 mai 2007 :L'homme nouveauCe tableau, à la représentation figurative riche en symbolisme, a été créé vers 1939 par Henri van de Velde (1896-1969) et a joué un rôle important durant l'occupation allemande des Pays-Bas. La toile glorifie l'idéologie du national-socialisme et a servi, à partir de 1942, au culte de la personnalité d'Anton Mussert, dirigeant du NSB.
L'objectif est d'intégrer ce tableau de 2,30 mètres de haut et 1,75 mètre de large à l'exposition permanente du XXe siècle, suite à la réouverture du Rijksmuseum en 2010. Après la guerre, les timbres de la Légion furent qualifiés de manière peu flatteuse, comme par exemple : « Timbres de la Légion, émis sur ordre de l'ennemi, au profit des traîtres au peuple et à la patrie. » Certains collectionneurs les excluent de leurs collections néerlandaises. D'autres les recherchent activement, dans le seul but d'en acquérir le plus grand nombre possible. Mais quelle est la différence entre ces timbres et le tableau acquis par le Rijksmuseum ? Selon moi, tous deux méritent leur place dans la collection, à condition d'être replacés dans leur contexte historique. C'est un pan d'histoire que nul ne peut ignorer. Et vous, qu'en pensez-vous ? Souhaiteriez-vous inclure ces timbres dans votre collection ?

Ces deux timbres font partie de ma collection des Pays-Bas. Ma collection d'Allemagne, quant à elle, ne contient que des timbres des années 1933 à 1945. Ce sont eux aussi de véritables témoins de l'histoire.
Je comprends parfaitement que certains collectionneurs ne veuillent pas de ces timbres, même si je trouve un peu excessif d'interdire ces deux petits timbres. Après tout, il n'y a plus de surtaxe, ces salauds de la NSB !
Je suis entièrement d'accord avec Stewie. Ces timbres constituent un pan important de l'histoire. Ils font également partie de ma collection. Je possède aussi un certain nombre de timbres du Reich allemand datant de la guerre. D'ailleurs, je trouve la qualité d'impression de ces timbres allemands superbe ; ils proviennent manifestement de la meilleure imprimerie de l'époque.
Avec la vue de la ville (7 1/2 ct) mettant en vedette des maisons de canal d'Amsterdam (dans des styles variés et de différentes époques), les membres du NSB ont tenté d'apaiser le citadin, et avec un paysage rural (12 1/2 ct), la population rurale pour la « bonne cause » (limitée dans le temps).
MM. Holstege et Vellekoop mentionnent dans leur ouvrage « Contexte de la production de timbres néerlandais pendant l'occupation allemande lors de la Seconde Guerre mondiale », entre autres choses : « Il s'avère très difficile de trouver quelqu'un qui accepte de concevoir des timbres spéciaux pour la Légion. »
– Hubert Lévigne : « … parce que mon temps est surchargé. »
– Röling : Je n'ai pas le temps.
– Van Gelder a dit sans ambages : « Non. »
– Kuno Brinks : « Je travaille actuellement sur les designs de la série Sea Heroes. »
Bien que ces timbres aient été émis par l'occupant de notre pays, ils font toujours partie de ma collection néerlandaise, tant les timbres individuels que les blocs, au même titre que tous les autres timbres des Pays-Bas.
Comme je collectionne aussi tout ce qui a trait à la Seconde Guerre mondiale, cette collection comprend des timbres à l'effigie d'Hitler. Tout simplement parce que j'estime qu'ils ont leur place dans ma collection.
Theo
'@Cees
Heureusement, votre récit montre clairement que nous avons affaire à de vrais blocs [vendus « en bloc »] et non à des feuilles, comme on le suggère parfois.
@Tonifier
Au fait, je trouve la qualité d'impression de ces timbres allemands superbe, manifestement issue de la meilleure imprimerie de l'époque.
Quels timbres proviennent de Berlin [Reichsdruckerei] et lesquels de Vienne [Staatsdruckerei] ???
À propos, il s'agit peut-être d'une réaction un peu tardive.
Il est frappant de constater que dans diverses éditions des catalogues Spec. NVPH 07/08/09, mais aussi dans la dernière, la feuille 403B est décrite avec une valeur de surtaxe de 75 cents et demi.
Tout simplement une erreur ancienne et/ou persistante.
Petdeb.
On y est habitués maintenant !!!!
À mon avis, ce sont les deux plus beaux timbres néerlandais. Malheureusement, je ne possède pas les blocs, seulement les timbres individuels, qui sont déjà magnifiques et que j'admire souvent.
Nous collectionnons les timbres depuis des années. Nous possédons également ces blocs : des blocs non oblitérés, des blocs oblitérés, ainsi qu’un bloc rouge et un bloc bleu oblitérés avec le timbre à l’effigie d’Adolf Hitler, avec l’aigle, etc. Nous n’en avons jamais vu auparavant. Ils nous semblent très particuliers. Quelqu’un aurait-il des informations à leur sujet ?