Pays-Bas et Belgique sans frontières
Le feuillet de timbres Pays-Bas – Belgique a été conçu par un duo néerlandais installé à Anvers, l'agence Barends & Pijnappel (bureau P&P). Les trois feuilles célèbrent les échanges culturels et l'influence mutuelle entre les Pays-Bas et la Belgique dans les domaines de l'architecture, des arts visuels et de la littérature.
La partie inférieure de la feuille (avec une perforation jaune simulée) explique le thème et propose des informations générales, des illustrations supplémentaires et d'autres exemples d'influences réciproques. Grâce à la typographie des lettres étroites des mots « WERELD I » et « NEDERLAND » (caractéristique de l'agence P&P) figurant au recto de chaque timbre (alternance de positif et de négatif, en rouge et blanc ou en blanc et rouge), les timbres forment une série reconnaissable grâce à un traitement typographique uniforme. Les couleurs rouge et bleu (associées au blanc du papier) accentuent le caractère néerlandais de l'émission dans la typographie générale, tandis que la nationalité belge est également présente à travers les couleurs du drapeau : noir (dans le code-barres), jaune (dans la perforation simulée) et rouge.
1. Feuille de timbres d'architecture
Cette feuille met en lumière l'empreinte laissée par les architectes néerlandais et belges dans le pays voisin. Deux timbres attirent l'attention sur ce sujet :- Une photo de Musée a de Stroom (MAS) à Anvers (par le cabinet néerlandais Neutelings Rietdijk Architecten)
- Une esquisse du Musée Hoenderloo (1923), projet non réalisé de musée sur la Veluwe (par l'architecte belge Henry van de Velde [1863 – 1957], anniversaire : 150e anniversaire de sa naissance). Intitulé « Museum Hoenderloo », il devient Musée Kröller-Müller ce qui signifie que cela existe depuis maintenant 75 ans.



- Sur le plan architectural, il existe des différences majeures entre les Pays-Bas et la Belgique. Néanmoins, les architectes néerlandais construisent chez nos voisins du sud, et leurs homologues belges laissent de nombreuses traces aux Pays-Bas.
- Par exemple, les architectes belges Bob van Reeth, Robbrecht & Daem, Crepain Binst, Bruno Albert et Charles Vandenhove ont conçu des maisons, des bâtiments publics et des commerces dans de nombreuses villes néerlandaises.
- Dans les années 1920, leur prédécesseur a conçu Henri van de Velde (1863 – 1957) commandé par Hélène Kröller-Müller Un musée monumental était prévu sur le Franse Berg, près de Hoenderloo. Sa construction fut interrompue faute de financement. Il est également l'auteur des plans du futur musée Kröller-Müller, inauguré à Otterlo en 1938.
- Des bâtiments de cabinets d'architectes néerlandais tels que Claus en Kaan et Atelier Kempe Thill ont été réalisés, entre autres, à Saint-Nicolas, Anvers, Gand et Liège. Neutelings Riedijk Architecten a réalisé des projets à Gand, Louvain et Anvers, dont le MAS (Museum aan de Stroom).
2 feuilles de timbres d'arts visuels
Des artistes néerlandais et belges ont quitté leur pays pour s'installer respectivement au sud et au nord. Deux tableaux illustrent ce phénomène.- Le Belge Rik Wouters (1882 – 1916) a réalisé 'Après-midi à Amsterdam' (1915) à Amsterdam (il n'y a travaillé que pendant une courte période).
- Le Hollandais Jacob Smith (1855 – 1928) a peint le tableau « La Plaine » dans la Campine belge.




Après-midi à Amsterdam de Rik Wouters et De vlakte de Jakob Smits
Des contrastes entre les deux tableaux ressortent, tels que :
- Interieur – exterieur.
- L'expressionnisme (dont le fauvisme est un sous-mouvement) s'oppose à l'impressionnisme. Il correspond à une imagerie peinte objective/impersonnelle – subjective/personnelle.
- Au fil du temps, de nombreux artistes néerlandais se sont installés en Belgique. Les artistes belges, quant à eux, ont pris la direction du nord.
- Après la chute d'Anvers en 1585, les Pays-Bas méridionaux restèrent sous domination catholique espagnole. Des dizaines de milliers de protestants, parmi lesquels de nombreux érudits, artistes, marchands et artisans, fuirent vers le nord, notamment vers des villes comme Amsterdam, Leyde, Haarlem, Gouda et Middelbourg. Ils contribuèrent de manière significative au Siècle d'or des Pays-Bas septentrionaux.
- Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Bruxelles était une métropole artistique. David et Pieter Oyens, Mesdag et Jan Toorop y séjournèrent. Vincent van Gogh étudia aux académies des beaux-arts de Bruxelles et d'Anvers. Le peintre rotterdamois Jakob Smits s'installa dans la Campine belge en 1888, où il immortalisa la vie paysanne austère.
- Le peintre et sculpteur belge vécut à Amsterdam avec sa femme et muse Nel de juillet 1915 jusqu'à sa mort en 1916, après que son unité militaire eut été internée à Amersfoort suite au bombardement d'Anvers en 1914. Gustave de Smet et Frits van den Berghe séjournèrent aux Pays-Bas de 1914 à 1922.
3. Feuille de timbres de littérature
Des écrivains néerlandais cherchaient refuge en Belgique, et des écrivains belges aux Pays-Bas. Les deux timbres consécutifs représentent une rangée de 25 livres (vus de la tranche) d'auteurs belges et néerlandais. Ces livres soulignent les liens entre les deux pays par leur contenu et/ou leur titre. Précisions sur les points d'intérêt :- Les écrivains néerlandais ont séjourné en Belgique pour des périodes plus ou moins longues. Les auteurs belges ont séjourné aux Pays-Bas.


ODans une pièce mansardée non chauffée, Multatuli a écrit Max Havelaar en moins de trois semaines. Voir également l'article du blogue sur les timbres intitulé « Le personnage de roman Max Havelaar » du 7 mars 2010.
- Multitau a écrit Max Halar en 1859, dans une chambre mansardée et miteuse à Bruxelles.
- Willem Elsschot En 1910, à Rotterdam, encouragé à le faire par un collègue bienveillant du chantier naval Gusto à Schiedam, il a mis par écrit ses expériences vécues dans une pension familiale à Paris : Villa des Roses. En Kaas Ce chantier naval a servi de modèle à la General Marine and Shipbuilding Company.
Le poème « Boem paukeslag » de Paul van Ostaijen a été transposé dans un style de poésie graphique contemporaine (poésie visuelle). Dans ce contexte, la typographie, la taille des caractères et la disposition des mots deviennent les vecteurs du message.
- Paul van Ostaijen, dont en 1921 Boum de tambour est apparu dans la collection Ville occupéeIl avait un père néerlandais et une mère flamande.
- Willem Frederik Hermans et Gerard Reve ont passé leurs dernières années en Belgique.
- Jeroen Brouwers, Benno Bernard et Willem van Zadelhoff y ont élu domicile.
- Gust Gils, Hugo Claus et Freddy de Vree séjournaient régulièrement à Amsterdam.
- Remco Camper a raconté son expérience à Anvers, d'abord comme résident, puis comme visiteur fréquent de la ville.
- Tom Lanoye a écrit le cadeau de la Semaine du livre 2012 : Ciel dégagé.




Belle pièce.
La fiche de documentation est présentée en 2.
Question un peu bête, mais pour la Belgique, pourquoi utiliser le tarif mondial plutôt que le tarif européen ? Si on utilise les timbres belges, c’est encore du profit pour la Poste…
Pierre,
Ce n'est pas une question stupide du tout !
Ces trois blocs différents, avec des tirages de plus en plus restreints, constituent, bien sûr, une véritable mine d'or. Et ce, depuis des années !