« Le Taureau » de Paulus Potter : un regard serein pour les jeunes et les moins jeunes

Exceptionnellement, je vous propose un article consacré au tableau « Le Taureau » de Paulus Potter (1625-1654), dont un timbre encadré a été émis le 15 janvier 2026. La raison ? Pour célébrer l’inauguration de la restauration du tableau « Le Taureau » de Paulus Potter entre 2024 et 2025, PostNL, en collaboration avec le Mauritshuis de La Haye, où la toile est exposée depuis environ 200 ans, a émis la feuille de timbres « Le Taureau » le 15 janvier 2026.

La feuille de timbres comporte cinq timbres encadrés différents représentant la vache, le chêne, le fermier, le taureau et le mouton (bélier, brebis et agneau). Le saule est disposé dans un cadre en forme de X, le chêne occupant le premier plan.

La petite grenouille verte au sol, au centre du tableau, à peine visible, et l'alouette en vol attirent néanmoins le regard grâce à des lettres jaunes en gras, utilisées dans le même style sur les timbres encadrés. Ce qui est frappant, c'est que les fragments de texte sont littéralement imbriqués dans les images, sur lesquels se superposent une feuille d'arbre ou une corne de vache.

Ambiance apaisante et sereine
Dans la monumentale huile sur toile (236,5 x 341 cm) « Le Taureau » de Paulus Potter (1625-1654), un taureau grandeur nature occupe une place prépondérante, dont les détails les plus infimes sont d'une netteté remarquable. Debout, l'animal semble s'adonner à une activité dans une posture quasi-dormante, empreinte de calme et de sérénité, sans le moindre effort. Cette impression de calme et de plénitude se retrouve d'ailleurs sur plusieurs fragments de la toile (et sur une feuille de timbres).
La liste des détails ci-dessous est (bien sûr, ainsi que d'innombrables autres éléments) clairement visible sur le tableau lui-même, et seulement partiellement sur les timbres.

1) Une alouette, planant immobile dans l'air sur les courants thermiques chauds ascendants.

2) et une grenouille verte assise en position de saut au premier plan fait connaître sa présence en coassant et tente d'attirer les femelles avec elle.

3) Des mouches, couchées ou rampantes, se trouvent au-dessus et sur le dos du taureau debout. Dans une situation mutuellement avantageuse, les insectes coopèrent avec le bétail dans le cadre d'un partenariat naturel/symbiotique, où les deux animaux bénéficient de nourriture et de protection.

4) Le nez luisant et humide, orné de moustaches, de la vache, allongée tranquillement en train de ruminer dans le pré après avoir brouté.

5) La fourrure des animaux est rendue en détail grâce à des couches de peinture épaisses.

6) Sur la brebis laitière fraîchement tondue et couchée, on distingue encore les traces de la tonte aux ciseaux. Les poils coupés, raccourcis, restent visibles sous les coups de pinceau. L'agneau, blotti contre sa mère, cherche refuge.

7) Comme la vache, la chèvre est aussi un ruminant, ruminant jusqu'à huit heures par jour (principalement couchée) pour traiter l'herbe broutée en vue d'une bonne digestion.

8) Le taureau lui-même est une autre histoire : l’animal a été reconstitué à partir de plusieurs croquis réalisés par Potter représentant des taureaux d’âges variés. Les cornes et les dents semblent provenir d’un jeune animal. Les épaules sont celles d’un spécimen adulte, tandis que l’arrière-train est celui d’un jeune taureau.

9) Initialement, Potter n'avait peint que le taureau. Plus tard, il y ajouta des morceaux de toile de part et d'autre, ce qui lui permit d'intégrer d'autres éléments. À gauche du taureau, dans une prairie, un fermier se tient près d'une clôture, sous un saule et un chêne (disposés en forme de X), entourés de feuillage et d'animaux. Il est à noter que le tableau du fermier Teun van Hoogeveen s'inspire de celui de Paulus Potter. À droite, à l'horizon, au-dessus des arbres, on aperçoit le clocher de l'église de Rijswijk, où le peintre résidait alors. Au premier plan, à gauche, s'étend une prairie ensoleillée où paissent çà et là des vaches.

Style de peinture baroque dynamique
Le Taureau de Paulus Potter, tout comme La Ronde de nuit de Rembrandt, appartient au style baroque du Siècle d'or. Ces deux œuvres se ressemblent par leur dynamisme, que l'on peut distinguer d'une part des exécutions particulièrement dynamiques, riches en éléments colorés, et d'autre part des exécutions aux couleurs plus sobres et à la dynamique plus calme et discrète.

Commentaires 3

  1. Avec Le Chardonneret, ce tableau est mon préféré au Mauritshuis. Ce sont deux œuvres devant lesquelles je peux littéralement rester immobile pour les contempler en silence.

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