Chypre, une île « déchirée »
J'ai reçu un jour une carte postale de Chypre, envoyée par un ami. Ce qui m'a frappé, c'est que la carte montrait le globe terrestre au recto : une magnifique photographie. Dans le coin inférieur gauche, deux timbres étaient collés, formant une paire, représentant le même globe, mais divisé en deux parties en forme de cœur.
Les timbres ont été oblitérés avec un cachet en forme de globe aplati, portant la date du 4 mai 2009 et le nom du pays en trois langues : anglais, grec et turc. Les collectionneurs appellent ce type de carte une carte « maximum ». Je ne me prononcerai pas ici sur la question de savoir si cette carte répond pleinement aux critères requis. Les spécialistes pourront se prononcer à ce sujet.
Au verso de la carte, une phrase m'a interpellé : « Planète Terre. Il n'existe aucun autre endroit comme la Terre dans l'Univers. » Une belle citation, certes, mais s'applique-t-elle aussi à Chypre ? L'histoire de l'île dresse un tout autre tableau. Depuis des décennies, elle est divisée en deux. Cette situation s'explique par sa position stratégique : entre les grands empires antiques qui ont émergé puis disparu, entre l'Europe et l'Asie actuelles, entre la Grèce et la Turquie.
L'île est divisée en deux parties, une zone grecque et une zone turque, séparées par une zone neutre établie par les Nations Unies. Les langues officielles dans les deux zones sont le grec chypriote et le turc chypriote. Par ailleurs, plusieurs bases militaires sont contrôlées par le Royaume-Uni.
La Grèce utilise l'euro, tandis que la Turquie utilise la lire turque. Une réunification est-elle envisageable ? À la vue de ces deux timbres, je pense que cela pourrait prendre beaucoup de temps. Après tout, la Terre peut aussi se déchirer en deux. Se pourrait-il que ce soit là l'idée sous-jacente à l'émission de ces deux timbres ?
