Patrimoine noir – Partie 3

Dahomey France timbres

Bien souvent, en parcourant des collections de timbres, je découvre des objets concernant des personnes ou des sujets qui m'étaient jusqu'alors inconnus. C'est d'ailleurs ce qui fait le charme de la philatélie : un loisir à la fois fascinant et instructif. Cet article fait suite à une série consacrée à la série de timbres américains intitulée « Héritage noir ». Je vous recommande vivement d'approfondir vos recherches sur la vie des personnes présentées dans cette série.

Henry Ossawa Tanner (1859-1937) était un artiste américain et le premier peintre afro-américain à obtenir une renommée internationale.

Après s'être formé seul à l'art dans sa jeunesse, Tanner s'inscrit en 1879 à l'Académie des Beaux-Arts de Pennsylvanie à Philadelphie. Seul étudiant noir de l'établissement, il devient le protégé du peintre Thomas Eakins, qui y enseignait depuis peu. En 1891, Tanner s'installe en France pour poursuivre ses études et y demeure après son intégration dans les cercles artistiques français. Son tableau intitulé « Daniel dans la fosse aux lions » est accepté au Salon de 1896, l'exposition officielle de l'Académie des Beaux-Arts de Paris.

Daniel dans la fosse aux lions, par Henry Ossawa Tanner, Musée d'art du comté de Los Angeles
USA 1975

Paul Laurence Dunbar (1872-1906) a accompli, au cours d'une vie brève, ce dont la plupart d'entre nous ne peuvent que rêver. Né de parents réduits en esclavage dans le Kentucky jusqu'à la guerre de Sécession, Dunbar a été prolifique durant sa carrière relativement courte : il a publié une douzaine de recueils de poésie, quatre recueils de nouvelles, quatre romans, les paroles d'une comédie musicale et une pièce de théâtre. La comédie musicale « In Dahomey » (1903) fut la première comédie musicale entièrement afro-américaine produite à Broadway, à New York. Elle a ensuite fait une tournée aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Ci-dessous figure l'un des poèmes de Paul Laurence Dunbar, « Nous portons le masque », écrit en 1896 et peut-être encore plus pertinent dans le contexte actuel : 

Nous portons le masque qui sourit et ment,
Elle cache nos joues et protège nos yeux du soleil,—
Cette dette, nous la payons à la ruse humaine ;
Le cœur déchiré et saignant, nous sourions.
Et une bouche aux innombrables subtilités.

Pourquoi le monde devrait-il être trop sage ?
En comptant toutes nos larmes et tous nos soupirs ?
Non, qu'ils ne voient que nous, pendant que
       Nous portons le masque.

Nous sourions, mais, ô grand Christ, nos cris
Des âmes torturées s'élèvent vers toi.
Nous chantons, mais oh, l'argile est vile !
Sous nos pieds, et long est le mile;
Mais laissons le monde rêver autrement,
       Nous portons le masque !

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