Au dos du livre (partie 2)
Dans la première partie, nous avons abordé deux types de timbres émis à des fins spéciales : les timbres spéciaux pour le courrier recommandé et les timbres pour les envois express. Ils sont souvent moins connus que les timbres-poste ordinaires. Pourtant, ces timbres méritent une place dans notre collection. Nous allons maintenant nous intéresser aux timbres pour le courrier aérien et aux timbres pour le courrier aérien combinés à la livraison express en provenance du Canada.
Timbres de poste aérienne
Le premier timbre-poste aérien canadien a été émis le 21 septembre 1928, avec une valeur de 5 cents. Ce timbre, conçu et imprimé par la Compagnie canadienne des billets de banque à Ottawa, a été tiré à plus de 7 millions d'exemplaires.
L'avion photographié est un Fokker F II, notre fierté nationale à l'époque !
Le second timbre, d'une valeur de 5 cents, parut le 4 décembre 1930. Conçu et imprimé par la British American Bank Note Company, également basée à Ottawa, son tirage fut limité à 400 000 exemplaires, un nombre réduit en raison d'une modification tarifaire intervenue en 1932. Un grand nombre de timbres de la première émission restèrent en circulation, et 2 millions d'exemplaires furent surchargés à 6 cents. Le timbre fut mis en circulation le 22 février 1932.
Une surcharge du second timbre a également été émise. Le 12 juillet 1932, le timbre-poste aérien de 5 cents a été surchargé d'une valeur de 6 cents et de la mention « CONFÉRENCE D'OTTAWA 1932 ». Un tirage de 500 000 exemplaires a été réalisé. Une conférence s'est tenue à Ottawa du 21 juillet au 20 août 1932, réunissant des représentants des colonies et dominions britanniques au sujet de la Grande Dépression des années 1930, qui a principalement touché l'Amérique du Nord. Le 1er juin 1935, le nouveau timbre de 6 cents a finalement été mis en circulation. Ce timbre a été conçu par A.E. Foringer, qui avait également créé le timbre express. Il représente Dédale, personnage de la mythologie grecque.
La couleur brune des timbres-poste aériens fut abandonnée au profit du bleu, couleur utilisée par de nombreux timbres-poste aériens étrangers. Le 15 juin 1938, un timbre de 6 cents fut émis, représentant un hydravion Fairchild Sekani et le bateau à aubes « Distributor III », un bateau fluvial d'antan naviguant sur le fleuve Mackenzie.
Durant la Seconde Guerre mondiale, un timbre-poste aérien de 6 cents, représentant une scène sur un aérodrome militaire, fut émis. Ce timbre apparut le 1er juillet 1942. En 1943, le tarif du courrier aérien ayant été augmenté, le même timbre fut réémis le 1er avril 1943, cette fois-ci d'une valeur de 7 cents. Le tirage des deux timbres fut important : près de 15 millions d'exemplaires pour le timbre de 6 cents et près de 98 millions pour celui de 7 cents !
Le 16 septembre 1946, un timbre commémoratif de la paix, à l'effigie de la Bernache du Canada, fut émis. D'une valeur de 7 cents, il fut tiré à près de 72 millions d'exemplaires. Ce timbre présente de magnifiques détails.
Le timbre, tout comme le timbre express émis à la même date (voir Partie 1), était surchargé des lettres OHMS et G. Cela en faisait tous deux des timbres de service, émis à 400 000 exemplaires en 1949 et 1950.
Courrier aérien et express ensemble
Le 1er juillet 1942, un timbre-poste aérien fut émis conjointement avec le droit d'envoi express de 10 cents. L'ensemble représentait un avion Lockheed Super Electra L-14 de la compagnie Trans Canadian Airlines.
Suite à l'augmentation du droit de timbre aérien de 6 à 7 cents en 1943, un timbre d'une valeur de 17 cents a été émis le 1er avril 1943.
Le dernier timbre, d'une valeur de 17 cents, a été émis le 16 septembre 1946. Il représentait un avion DC-4M North Star survolant la province de Québec. Une réimpression de ce timbre a été émise le 3 décembre 1946.
Une petite erreur s'est glissée lors de la conception du timbre. Un accent circonflexe a été ajouté au « E » d'EXPRES, au lieu d'un accent guava. Le tirage du timbre erroné a été de 300 000 exemplaires, contre 900 000 pour le timbre correct. Ainsi, les timbres, souvent relégués avec désinvolture à la fin de la plupart des albums pré-imprimés, recèlent encore bien des surprises et des enseignements. À mon sens, ils font partie des timbres-poste ordinaires et présentent généralement un intérêt thématique certain. Partagez-vous cet avis ? Ou, selon vous, méritent-ils d'être relégués à la fin de l'album ?
